Ma vieille maison

Ma maison est née dans les années 1890 dans un petit village normand. Construite en bordure de route d’un côté et en en bordure de forêt de l’autre, elle est aussi jumelée.

vieille maison

Elle n’a aucune pièce de droite, aucun angle droit. Sur certains sols, on peut poser une bille et elle roulera sans effort. Le carrelage dans son salon est affreux, même quand il est propre, on a l’impression qu’il ne l’est pas.
carrelage moche

Elle a deux escaliers qui craquent lorsqu’on les emprunte, tout comme les planchers. Elle est accompagnée d’une petite cour qui reçoit du soleil quelques heures dans la journée. Cela n’empêche pas d’y accueillir des plantes diverses.

coin plantes

recyclage bouteille plastique

Elle est également accompagnée d’un vieux bâtiment qui mange une partie de la cour, mais il disparaîtra cette année pour agrandir l’espace des poules.

bâtiment

Elle porte de vieux volets dont un immense et lourd qui aurait besoin d’être poncé.

ma vieille maison

Ma maison se situe dans une cuvette et donc, la connexion internet n’est pas fameuse et je ne parle pas des téléphones portables. Mais 1890, ma maison ne le savait pas.

 

Je n’ai pas eu de coup de cœur pour ma maison, on l’a choisi car elle était dans notre budget, elle avait un espace extérieur (c’était un critère important pour moi), le nombre de chambres qu’on voulait au minimum et parce qu’elle semblait comporter peu de travaux.

 

J’ai détesté ma maison lorsqu’on s’est aperçu que les travaux seraient plus laborieux, coûteux et longs. J’ai même eu honte de ma maison. Honte d’imposer des conditions difficiles à mes enfants. Honte d’y recevoir mes proches.

Mais l’orage est passé.

 

Aujourd’hui, j’ai appris à l’aimer.

On ne s’ennuie jamais avec elle, il y a toujours quelques choses à faire et elle m’inspire mille idées de bricolages. Elle évolue au rythme que nous évoluons nous-même.

Elle abrite souvent des rires, parfois des chamailleries. Lorsque la nuit tombe, on peut y entendre des ronflements et pas seulement masculins. Le matin, le sol craque doucement avec les petits pas des enfants qui se réveillent. Elle porte fièrement quelques-unes de leurs bêtises sur les murs.

 

Elle n’est pas parfaite, ce n’est pas la maison rêvée, ce n’est pas la plus jolie. Cela tombe bien, moi non plus.

Il n’y en a pas deux comme elle, mais c’est la plus précieuse pour nous car elle héberge des souvenirs, nos souvenirs.

4 comments for “Ma vieille maison

  1. Latan
    6 juillet 2015 at 13 h 38 min

    Joli article… Puis j’aime bien la référence de fin d’article… Est-ce qu’elle porte un petit chapeau??? 😀

  2. Carine Mamjoza
    6 juillet 2015 at 16 h 17 min

    C’est votre maison qui vous a choisis <3 

    Nous avions visité des dizaines de maisons, de très belles, de très chères, des coups de cœur, mais bizarrement à chaque fois un contretemps empêchait l'achat.
    Celle qui nous a choisis, elle nous est apparu un peu par hasard. C'est une ancienne quincaillerie, transformée en habitation dans les années 60, qui a vu grandir une petite fille bien sage devenue directrice d'école. C'est une maison de ville qui ne paie pas de mine vue de l'extérieur, mais qui a su nous montrer tout son potentiel pour accueillir notre petite famille et en faire notre nid. Ses carrelages de granito, ses papiers peints à grosses fleurs, son formica ont laissé place à des matériaux contemporains et plein de clarté, et ses murs se sont poussés pour nous offrir de grands espaces.
    Nous lui mettons les dernières touches avant d'y emménager cet été, et nous avons hâte de l'occuper avec les éclats de rire des enfants et d'y construire nos souvenirs…

  3. 16 juillet 2015 at 17 h 41 min

    Joli article pour cette petite maison que vous avez su faire revivre.

  4. Isabelle de Guinzan
    16 juillet 2015 at 18 h 05 min

    Très tendre ce texte ! Une jolie déclaration d’amour à ta maison, j’espère qu’elle y sera sensible 😉

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