Ouvrir sa fenêtre

Cela fait un moment que je souhaite participer aux textes à contraintes du boudoir d’Emilie. Si je tiens un blog, c’est pour partager diverses choses mais c’est aussi parce que j’aime écrire. Alors je me lance !

Vous pouvez participé également que vous ayez un blog ou non (Emilie publiera votre texte sur son blog) :

Pour ce défis, voici les consignes  :

Consigne :
Vous ouvrez votre fenêtre. Racontez moi ce que vous voyez. Ce la peut être réel ou imaginaire.

Contraintes:
Votre texte devra impérativement intégrer tous les mots suivants :
amitié, renaissance, cuillère, valises, expédition, caramel, cerises, métallurgie, bénéfique, carabistouille.

 

Ouvrir sa fenêtre

Le bruit de l’usine de métallurgie me réveille de mauvaise humeur comme chaque matin. Machinalement, j’allume la lumière sans ouvrir mes volets et file sous la douche. Les cheveux encore mouillés, je me prépare ensuite mon café. Je m’assoie en soupirant. J’agis quotidiennement comme un automate. Cela fait plusieurs mois que je suis coincée dans ma propre existence silencieuse, je pensais que ce serait bénéfique et rassurant pour moi. Mais ma vie est en noir et blanc. Triste et seule malgré la présence de mon chat Carabistouille qui vient ronronner à mes pieds.

A quoi bon se lever le matin pour revivre la même journée que la veille à quelques détails près ? Cette routine me tue doucement.

Le bruit de ma cuillère qui tourne dans ma tasse est interrompue.

Je tends l’oreille en cherchant d’où vient ces notes de musique, l’immeuble est d’habitude si calme qu’on le croirait vide. Sans m’en rendre compte, je suis déjà devant ma fenêtre.

J’ouvre les volets grinçants et une douce brise vient me caresser le visage. Je ferme les yeux pour respirer cet air frais, puis mes paupières s’ouvrent.

Je regarde les gens d’en bas. Un couple passe en se tenant la main devant l’épicerie du quartier où je devine sur les étales des oranges, des pommes et des cerises dont je raffole. Une vieille dame promène son chien et s’arrête pour discuter avec un passant. Un enfant sautille devant la boulangerie en réclamant des caramels à ses parents. Deux jeunes adolescentes assises sur un vieux banc en bois rient et m’inspirent une belle amitié. Un musicien debout contre un mur, guitare à la main chante sa joie de vivre.

Tout est si simple et pourtant, je les envie.

Soudain un éclair dans mon esprit.

Qu’est-ce que j’attends pour être heureuse ? Le bonheur est si simple vu d’en haut.

Le musicien lève la tête vers moi et me sourit. Un signe. C’est le moment pour moi de mettre de la couleur dans ma vie.

Je quitte ma fenêtre et je me précipite vers mon placard. Je pousse des cartons rapidement et j’en ouvre un. J’attrape un vieux tambourin, je souffle dessus et la poussière s’envole vers les rayons de soleil qui traverse ma fenêtre. Je laisse mon café maintenant froid et je descends les étages de mon immeuble. J’ouvre enfin la porte en souriant. Je passe pourtant ici quotidiennement, mais aujourd’hui tout est différent. Je prends mon destin en main.

Je m’approche timidement du musicien qui m’invite à le rejoindre. Sans échanger un mot, mon tambourin accompagne sa guitare. Après quelques notes, nous chantons pour accompagner nos instruments, des chansons de voyages et d’expéditions, d’amours et de raisons, de bonheurs et de partages.

 

Je ferme mes valises, je me retourne pour regarder une dernière fois, non pas l’intérieur de mon appartement, mais cette fenêtre rayonnante qui restera le symbole de ma renaissance. Je prends la caisse où se trouve mon chat qui s’impatiente. Une voix masculine m’appelle. Mon musicien est sur le pas de la porte, il attrape ma dernière valise, ma main et nous partons ensemble sur un chemin commun.

Le bonheur n’est jamais loin, il suffit juste parfois d’ouvrir sa fenêtre, puis de prendre le bon chemin.

routine passion

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